On a parfois l’impression que la musique est une langue dans laquelle on ne sait pas s’exprimer, mais dont on peut deviner le sens grâce aux émotions qu’elle dégage. En effet, vous avez surement remarqué qu’une belle mélodie est expressive, que certaines notes sont des points clés dans le morceau. Afin de progresser dans sa manière de composer, il nous faut comprendre quelles sont les règles qui gouvernent la musique. La règle la plus élémentaire est le rôle de chaque note et leur hiérarchie dans une gamme.

Il y a une astuce pour vous simplifier la vie en musique :

Dans une mélodie, il ne faut pas tenir compte du nom des notes, mais de leur position dans la gamme !

En effet, un Do n’aura pas le même rôle dans une gamme de Do majeur et dans une gamme de Ré mineur. L’important c’est le rôle de la note. La position de la note dans la gamme s’appelle le degré.

On note les degrés en chiffre romain : I II III IV V VI VII

Prenons un exemple de gamme : Do majeur

Do Ré Mi Fa Sol La Si

On a donc :

Do   Ré   Mi    Fa   Sol   La   Si

 I     II      III    IV    V     VI   VII

C’est un peu comme une famille dont tous les membres portent un numéro et ayant chacun leur caractère ! :)

 

Hiérarchie des notes.

 

Tous les degrés n’ont pas la même importance.

Parmi les 7 degrés d’une gamme, il y a 3 degrés forts et 4 degrés faibles.

Voici le classement des degrés du plus fort au plus faible

 

1) Degré I :  La tonique

 

C’est la note la plus importante, elle revient plus fréquemment que les autres notes dans une mélodie. Elle donne d’ailleurs son nom à la gamme, dans une gamme de Do majeur, le Do est la tonique.

Caractéristique : Elle donne une impression de conclusion.

Il est fréquent qu’on termine une mélodie sur cette note, elle joue alors le rôle de point final.

Dans cet extrait, c’est la dernière note qu’on entend. On a bien un sentiment de conclusion.

 

2) Degré V :  La dominante

 

C’est la deuxième note la plus importante,

Caractéristique : On peut l’utiliser comme l’équivalent d’une virgule dans une phrase.

Dans cet extrait, c’est l’avant-dernière note que l’on entend. On sent bien qu’elle est tendue et qu’on ne peut pas terminer sur cette note, on aurait l’impression que la mélodie n’est pas finie.

Passons maintenant aux degrés faibles :

 

3) Degré IV : La sous dominante

 

C’est la troisième note la plus importante.


4) Degrés II, III VI

Ce sont 3 des 4 degrés faibles

 

5) Degré VII : La sensible

 

Caractéristique : On dit qu’elle est sensible car elle se situe juste en dessous de la tonique (après VII il y a I) Elle donne envie d’enchainer sur la tonique qui est juste au-dessus.

Dans cet extrait, c’est l’avant-dernière note que l’on entend. On comprend pourquoi on l’appel sensible, elle donne en effet envie d’allez vers la tonique juste au dessus.

 

Et à quoi ça sert de savoir ça ?

 

Et bien sans savoir ça, on se contente d’utiliser les notes d’une gamme de manière aléatoire, en accordant autant d’importance à chacune d’entre elle. Maintenant vous allez pouvoir construire de véritables phrases mélodiques. Voici quelques indications qui pourront vous aider :

1) Vous savez que le Véme degrés correspond à une virgule et le Ier à un point. Il est donc judicieux de mettre Un Vème degrés au milieu du motif mélodique, et un Ier degrés à la fin.

2) Vous allez pouvoir alterner tension et relâchement en fonction du caractère de chaque note, c’est la méthode la plus basique pour créer une mélodie harmonieuse.

3) Lorsqu’on joue un degré faible, l’oreille a envie d’entendre ensuite le degré fort qui lui est le plus proche dans la gamme.

Exemple:   (prêtez attention aux deux dernières notes)

 

Pour récapituler, si vous n’utiliser que les degrés forts, vous avez peu de chance de vous tromper ce sont des valeurs sur, mais en incorporant des notes plus tendues (degrés faibles) vous allez avoir une mélodie plus subtile, expressive et originale.